La compagnie BANA BA AFRICA du
Cameroun était de passage au centre culturel
Adokpo de Lomé.
La compagnie BANA BA AFRICA a
donné un spectacle intitulé : les deux
frères. Un spectacle qui s’est déroulé
au centre culturel Adokpo de Lomé ce jeudi
10 septembre 2009, devant un public de plus de 200
personnes. Composés de plusieurs marionnettistes
du pays, des artistes de différentes disciplines
et le fidèle public de proximité, les
spectateurs ont suivi avec attention et curiosité
cette prestation dont la mise en scène est
faite par Marlise Bété. Tantôt
personnage, tantôt conteurs et manipulateurs
de marionnettes, les deux acteurs Esséba et
Denis Suffo, ont donné à cette vêprée
le meilleur d’eux même. Nous avons rencontré
le metteur en scène de cette pièce qui
fait l’œuvre d’une tournée
dans l’Afrique de l’ouest.
Adokpo Info : Marlise
Bété pourra t- elle parler un peu de
la trame des deux frères ?
Marlise
Bété : C’est un spectacle
qui réuni plusieurs arts : le mime, le conte
la marionnettiste et de l’autre côté
le théâtre aussi. J’ai voulu associer
toutes ces formes pour en faire un seul spectacle.
Par ailleurs la trame du spectacle est assez banale.
C’est une histoire de deux jeunes enfants qui
perdent leur père et doivent se battre pour
survivre. Le grand frère se débrouille
de temps en temps pour faires des choses. Mais le
jour il le dit à son petit frère «
ça KA POTE », parce que son ce dernier
est un garçon d’un autre esprit qui a
le goût du risque et qui entreprend des choses
qui ne réussissent pas tout le temps mais parviens
à s’en sortir contrairement à
son grand frère qui préfère toujours
jouer à la carte ou la prudence et qui peut
à tout moment voir toute sa vie basculée
parce qu’il a toujours été prudent,
toujours dérangé, toujours été…
un peu casé quoi.
A.I : Pourquoi
un choix d’une histoire de deux frères
et nom de deux amis ou autre ?
M.B : J’ai pris le texte du
professeur ABEGA qui était écrit autour
de deux frères. Je cherchais des textes pour
créer mon spectacle et j’ai trouvé
pas mal de textes qui m’ont énormément
séduisent et je suis tombée sur celui
là. J’ai opté pour ce texte parce
que la famille c’est le noyau de la vie, le
centre de l’équilibre. Ce n’est
plus ça dans toutes les sociétés
mais à la base. Voilà deux frères
qui sont issus d’un même clitoris et qui
ont deux comportements totalement différents
et un père qui au moment de mourir préfère
laisser les responsabilités à son fils
cadet et sa femme en mourant réintègre
la même parole : Pourquoi n’a-t-il pas
laissé à l’aîné ?
Parce qu’il a su que l’aîné
ne pouvait pas tenir et il a été honnête
de penser que le cadet ayant l’esprit d’entreprise
pouvait porter la famille loin et c’est qui
s’est passé après. C’est
ce qui m’a séduit. Quand j’ai lu
le texte, à la fin je me suis : « Pourquoi
un enfant aussi têtu peut finir par remporter
une aussi grosse pointure ? Est-ce que c’est
pour encourager l’impolitesse ? » En me
mettant au second degré du texte après
avoir traversé la première étape,
j’ai compris le message que voulait véhiculer
l’auteur. C’était que l’enfant
qui passe tout le temps à obéir, à
faire 1 + 1= 2 comme a dit papa, rate toujours sa
vie.
Et c’est ce que beaucoup de gens ne savent pas.
L’enfant qui fait exactement ce que lui disent
ses parents finit par vivre la vie des parents et
je le vois dans toutes les sociétés
où je vais. J’ai des amis qui ont trente
ans et qui sont encore vierge. Excusez-moi de le dire.
Pourquoi ? Parce que leur maman ont été
déçues par les hommes et tout de suite
tous les hommes sont mauvais alors que à côté
de ces hommes mauvais, il y a des hommes biens. Vous
voyez donc que c’est une fille qui va se déséquilibrée
parce qu’elle n’a pas le nécessaire,
mais qui assume une situation qu’elle n’a
pas vécue. Je me suis dit que cela pourrait
être un peu ma façon à moi de
porter un regard sur la société. C’est
assez rigolo mais en vous détachant du texte,
vous comprendrez qu’il n y a pas de quoi rire
là dedans.
A.I : Vous
l’aviez dit tantôt que vous exploité
plusieurs disciplines pour créer les deux frères.
Pourquoi choisir plusieurs plutôt que de rester
dans ton univers de la marionnette ?
M.B : Rester dans l’univers de la marionnette
me parait monotone. Je n’aime pas la monotonie.
J’aime bien faire les choses de manières
assez différentes pour ne pas me sentir gênée
chaque fois, et me sentir enfermée dans un
truc. Parce que si en choisissant ce texte j’étais
restée uniquement dans la marionnette, c’est
vrai que ca aurait été peut être
beau mais cela n’aurait pas été
ce que je voulais. Je voulais aussi favoriser l’élément
humain parce que la finalité du travail que
nous faisons au sein de BANA BA AFRICA c’est
la promotion de la femme, de l’enfant et de
l’artiste. Si je ne peux pas montrer les valeurs
ou les vertus d’un comédien sur la scène,
je trouve aussi que je ne rends pas trop service à
mes collègues. Donc cette logique était
pour moi de mettre le comédien sur scène
mais pas en lui laissant toute la place du comédien
mais en y ajoutant le mime, la marionnette et tout
le reste pour pouvoir aussi nourrir son art et le
vendre.
A.I : Était-il
facile d’avoir Esséba et Suffo sur vos
tailles?
M.
B : Pas du tout. Ce ne sont pas les premiers
qui ont joué dans ce spectacle depuis le début
de sa création en Septembre 2007. Il y avait
eu d’autres comédiens et parmi eux, une
qui nous avait quitté ; paix à son âme.
A.I : Êtes-vous
restée totalement fidèle au texte ?
M.B : Oui! C’est une tradition
chez nous aussi. Ce pendant il y a des choses quand
même dans le texte qui sont de moi mais avant
de le faire j’ai demandé l’avis
de l’auteur. Le texte eus une histoire narrée
du début à la fin. Il fallut donc faire
vivre les personnages en lors donnant des dialogues.
Mais je ne me suis pas donnée cette liberté.
Après une dizaine de fois de lecture du texte,
j’ai rencontré l’auteur et j’ai
discuté avec lui. J’ai inséré
des dialogues réels toujours avec l’avis
de l’auteur.
A.I : Le
spectacle est il accueillit que dans les centres privés
?
M.B : c’est en majorité
les privés. Il y a un seul Centre Culturel
Français, celui de Conakry, qui a accueillit
le spectacle. J’ai voulu briser un peu cet ordre
de jouer à chaque fois dans les CCF, alors
que les centres autochtones, privés ont aussi
besoin de notre participation pour leur bonne existence.
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